—A quoi penses-tu?—lui demanda Siméon.
—Je ne sais pas,—répondit-elle.—A tout!...
Et, de son petit bras, elle eut un geste vers l’infini des feuillages.
Puis elle dit, mettant un doigt sur ses lèvres:
—Écoute ... Qu’est-ce que c’est?...
Le bruit léger d’une source l’étonnait. Siméon proposa de chercher dans l’herbe, derrière les broussailles, ce brin d’eau murmurante. Marie Galande refusa:
—C’est bien plus beau—dit-elle—quand on ne sait pas où c’est caché ... Tu ne trouves pas?
Attentif à son gracieux enfantillage, Siméon veillait à ne la point contrarier.
Elle écoutait. Elle disait:
—C’est drôle de penser que, quand on n’est pas là pour l’entendre, la petite source fait le même bruit ... Elle travaille: elle est consciencieuse. A quoi travaille-t-elle?... Est-elle gaie ou triste? Tu ne sais pas?... Crois-tu qu’elle remue quand on n’est pas là?... Peut-être que non et que tout ça n’est que par jeu?...