—Petite Marie Galande,—fit-il,—c’est demain dimanche et congé. Où irons-nous? As-tu choisi?

—Non,—dit-elle,—je ne sais pas.

Sa voix était si douce, un peu plaintive et toute frêle, qu’il l’aima bien davantage. Il prit entre ses deux mains la main de Marie Galande. Marie Galande le regarda si gentiment, et elle mit dans son regard tant de gratitude et de joie soudaine qu’il eut peur de la trop aimer. Et vite il demanda:

—Veux-tu que nous retournions au bois, comme l’autre jour?

—Non,—répondit-elle;—il ne faut pas recommencer ce qui a si bien réussi. Peut-être que ça manquerait: et alors, tout serait gâté.

Elle fut quelque temps silencieuse; et Siméon ne savait pas si elle continuait, en soi, sa pensée comme un écho prolonge les derniers sons d’une mélodie, ou si elle était attentive à quelque nouvelle idée. Elle parut hésiter à dire ce qu’elle désirait. Puis elle se décida et, en rougissant, timide, avoua:

—Ce que je voudrais pour demain, devine! Mais je suis sûre que tu ne devineras pas. Voici. Je voudrais, je voudrais ... Ça t’ennuiera!... Je voudrais que tu me conduises à la fête de Ménilmontant ...

—Convenu!—dit Siméon.

—Oui, mais ... ce n’est pas tout ... Le plus grave, c’est maintenant; écoute!... Consulter une somnambule sur mon avenir ...

Siméon ne répondit pas tout de suite. Elle se résigna: