Siméon, gauchement, demanda:

—Quel chagrin as-tu, petite Marie Galande?

—Embrasse-moi et je te dirai!...

Elle se dégagea, fit volte-face et, preste, se campa devant Siméon, de telle sorte qu’il vint à elle malgré lui. Elle tendit sa joue et, quand Siméon s’apprêtait à lui baiser la joue, d’un prompt mouvement elle posa ses lèvres sur les lèvres de Siméon. L’instant que leur baiser dura leur fut une éternité ...

Puis ils se dégagèrent, leurs yeux s’ouvrirent; et ils semblèrent étonnés de se voir, si proches, et cependant déliés l’un de l’autre:—deux êtres!...

Ce fut un éclair. Marie Galande, la première, reprit conscience de soi. Elle souriait, tandis que l’extase immobilisait encore Siméon. Alors, mutine, elle lança:

—Voilà. Mon chagrin, c’était que tu ne m’embrasses pas!

Comme Siméon ne revenait pas de son trouble, Marie Galande fut, pour rire, courroucée.

—Ce n’était pas,—dit-elle,—très doux, très doux?

—Oh! si, très doux!...—répondit-il.