III
PICRATE INTERROMPT LE RÉCIT
Depuis quelque temps. Picrate donnait tous les signes d’une irritation violente. Il ne put contenir sa mauvaise humeur, il s’écria:
—A bas la calotte!
Cette devise éclatait inopinément. Siméon, surpris, demanda:
—Compterais-tu, Picrate, parmi nos «libres penseurs»?
—Que oui!—répliqua l’autre;—et je m’en flatte!
—Tu as tort—reprit Siméon—de t’en flatter. Il est vain de s’enorgueillir des opinions que l’on a, car de nulle chose nous ne sommes moins les maîtres que de nos opinions. Elles nous sont insinuées par les circonstances; et tantôt nous acceptons celles de nos éducateurs naturels, tantôt nous réagissons contre leur influence. Dans l’un comme l’autre cas, nous sommes incités par notre caractère, par le hasard quotidien de la vie, à prendre tel ou tel parti. Le rôle de notre raison n’est pas, en tout cela, considérable. Picrate, un esprit humain n’est pas un endroit paisible où les idées font entre elles de la logique.
—A bas la calotte!—recommença Picrate,—mort aux curés!