—Carabinier!
—De quoi?—répéta l’agent, homme paisible.
—Bien sûr!—expliqua le cul-de-jatte.—Si c’est maintenant que vous venez m’arrêter, c’est un peu tard.
Et de ricaner.
—Tâchez de ne pas faire de désordre; ou je vous mène au poste, en cinq sec, vous savez, Picrate!
Picrate? Il s’appelait Picrate, et la police le connaissait. Ce renseignement intéressa les cochers qui étaient là, en station. Picrate fit un effort manifeste pour se maîtriser. Il recula contre le mur de la gare, tira de sa poche de quoi faire une cigarette, la roula, l’alluma, la fuma. Mais il lançait aux cochers de mauvais regards. Le sergent de ville leur conseilla de grimper sur leurs sièges: il avait trouvé ce moyen pour séparer Picrate de ses ennemis. Puis il réintégra la petite cabine qu’il aimait, parce qu’elle était propice au doux sommeil administratif.
De leur siège inaccessible, les cochers ne craignaient point de narguer Picrate. L’un disait:
—Tu n’y avais donc pas serré le frein, à ton automobile?
Un autre:
—Et ton block-system?