La pensée de Jules Lemaître, je la comparerais à quelque paysage de la France nouvelle, qui eût bien conservé le caractère de l'ancienne France; mettons, à quelque paysage de la Touraine, puisque cette province est l'une des plus belles et l'une de celles qui ont le mieux gardé le souvenir des grands siècles. Pas de montagnes formidables, de ravins ni de précipices. Rien de tragique, ni d'affreux, ni de sublime. Mais, dans une infinie douceur de l'air, une incomparable harmonie des couleurs tempérées et des plus gracieuses lignes. Le dessin des collines est le cadre d'un ciel changeant où le gris et bleu se combinent sans rudesse. Il y a, de place en place, des châteaux illustres et tout pleins d'histoire. Partout la vie est facile et heureuse. C'est, en vérité, le pur paysage de France.

FIN


[NOTES]

I.—Bjœrntsjerne Bjœrnson.—Les quelques lignes d'Au delà des forces que j'ai citées, je les emprunte à la traduction de M. A. Monnier (Paris, Stock). Et je dois plusieurs détails de la vie de Bjœrnson au précieux livre de M. Jacques de Coussange, la Norvège littéraire (Paris, Michaud, s. d.).

II.—Jean Moréas.—Les renseignements relatifs à l'adolescence de Jean Moréas et à ses premiers débuts, comme poète grec, je les ai empruntés à de très intéressants articles que M. A. Andréadès a publiés dans le Temps au mois d'avril 1910.

III.—Albert Vandal.—Pour l'exposé des idées politiques et historiques d'Albert Vandal, j'ai utilisé, en dehors de ses livres, le discours qu'il a fait à l'Académie française, le 16 janvier 1908, pour la réception du marquis de Ségur, et deux conférences qu'il a données, sous les auspices de la Société des Conférences, l'une le 7 février 1908, sur «le 18 Brumaire» et l'autre le 14 mars 1910 sur «la Russie et le second Empire».

IV.—Albert Samain.—Les lettres d'Albert Samain, auxquelles je fais allusion, furent adressées à M. Léon Rocher; et Vers et Prose les publia au mois de décembre 1907.

V.—Jules Renard.—Les écrits politiques de Jules Renard ont été réunis, par les soins des Cahiers nivernais, sous ce titre: «Mots d'écrit», octobre-novembre 1908. Un autre volume du même recueil, août-septembre 1910, «Causeries», contient des lettres importantes et des discours.