Quand Mgr Duchesne posa sa candidature à l'Académie française, on disait qu'il avait trop d'esprit. Même, comme il était venu à Paris, pour ses visites, l'un de ses partisans lui conseillait de s'en aller le plus tôt possible:
—Croyez-moi, monseigneur, retournez à Rome!
—Pourquoi?
—Vous vous faites du tort...
—Suis-je si déplaisant?
—Vous êtes trop délicieux!
Il y a des candidats qui auraient d'autres motifs de ne pas se montrer.
L'esprit de Mgr Duchesne est célèbre. Et ses amis craignaient que l'éminent historien ne parût—comment dire?—trop spirituel pour un prêtre. Ses mots couraient Paris. Afin d'écarter ce péril, l'un de ses fidèles imagina de les raconter, certes, mais en les attribuant à un autre candidat: personne ne le crut!
Et bientôt, d'ailleurs, on connut la qualité charmante et juste de cet esprit qu'on redoutait.