Pour Léo Joubert[30], il est 'un des maîtres de la poésie de notre temps.'—'Il fit dériver les genres vers une forme nouvelle; chez lui l'idylle tourne au tableau épique, l'élégie tend à la méditation poétique.'

Footnote 30: [(return) ]

ANDRÉ CHÉNIER. POÉSIES. Édition nouvelle, avec une notice biographique et des notes par Léo Joubert, Paris, F. Didot, 1883.

OEUVRES POÉTIQUES D'ANDRÉ CHÉNIER, précédées d'une étude sur André Chénier par Sainte-Beuve, nouvelle édition, complète en un volume, par Louis Moland, Paris, Garnier, 1884.

Pour Eugène Manuel[31], ce qui survit d'abord en lui, c'est le poète bucolique et élégiaque qui parlait une langue toute nouvelle. Il ne ressemble à personne dans notre littérature. Il forme la transition entre deux périodes littéraires.

Footnote 31: [(return) ]

OEUVRES POÉTIQUES D'ANDRÉ CHÉNIER, publiées avec une introduction et des notes, par Eugène Manuel, Paris, Jonaust Flammarion, librairie des Bibliophiles, n. d. (1884).

Pour Fournel[32], c'est un mâle et hardi génie.—La complexité de sa poésie est extrême, ses copies sont des créations. Tout en gardant 'une horreur du néologisme' il sait renouveler le style par 'des alliances, des combinaisons empruntées au génie des langues classiques et de notre vieille langue.' Vers la fin, lancé dans la mêlée politique, sa langue se teinte de réalisme. Lui qui avait usé de la périphrase, il ne craint plus l'image triviale et cynique.

Footnote 32: [(return) ]

De Jean-Baptiste Rousseau à Chénier, par V. Fournel, Paris, F. Didot, 1886.

ŒUVRES POÉTIQUES D'ANDRÉ CHÉNIER, avec les études de Sainte-Beuve sur André Chénier, les mélanges littéraires, la correspondance et une notice bibliographique, par Louis Moland, Paris, Garnier, 1889. 2 vol. (Chefs-d'oeuvre de la littérature française.)

Pour Pellissier[33], il faut compter Chénier parmí les précurseurs du XIXe siècle, parce que les chefs de la jeune école romantique l'ont considéré comme tel. Il est au fond un homme du XVIIIe siècle. On relève bien encore chez lui des vestiges du style noble, 'mais on peut en dire autant des débuts de V. Hugo et d'A. de Vigny.' Le premier, depuis Ronsard, il ressuscite la poésie d'images. Il est ému; son Hermès même affecte des allures d'épopée.

Footnote 33: [(return) ]

Le Mouvement littéraire au XIXe siècle, par G. Pellissier, Paris, Hachette, 1889.

Pour Anatole France[34], personne ne fut moins novateur.

Footnote 34: [(return) ]

La vie littéraire, par Anatole France, Paris, C. Lévy, 1889-97. 4 vol. (t. ii, 1890).