Oserai-je à ma langue abandonner les rênes?

Je n'ai plus ni pays, ni parents, ni domaines.

Mais écoute: le vin, par toi-même versé,

M'ouvre la bouche. Ainsi, puisque j'ai commencé,

Entends ce que peut-être il eût mieux valu taire.

Excuse enfin ma langue, excuse ma prière;

Car du vin, tu le sais, la téméraire ardeur

Souvent à l'excès même enhardit la pudeur.

Meurtri de durs cailloux ou de sables arides,

Déchiré de buissons ou d'insectes avides,