Présentés comme nous venions de l’être par cette folle de Julie Bérard, je crois bien que nous étions aussi mécontents l’un que l’autre. Mais, nous étant regardés encore, il nous devenait bien impossible de nous en aller sans rien dire. François Landargues, qui avait naturellement plus de hardiesse, parla le premier :
— Eh bien ! ma petite cousine, demanda-t-il avec une désinvolture aimable, ne nous dirons-nous pas bonjour ?
Je prononçai, les lèvres serrées :
— Bonjour, monsieur.
Il continua poliment :
— Ma tante Georges est-elle en bonne santé ? Et votre sœur ?
— Elles vont bien, merci.
Deux femmes, s’approchant pour acheter des dentelles, me repoussaient vers le milieu du cours où la circulation est plus libre. Dans ma gêne, je ne voulais pas m’arrêter et François Landargues marchait auprès de moi.
— Vous êtes ici depuis deux mois, je crois ?
— Depuis quatre mois.