— Pour l’été ?

— Pour toujours.

Il s’étonna :

— Pour toujours !… A votre âge… Comme vous allez vous ennuyer !

Il me regardait avec une attention plus indiscrète. Il regardait ma taille et tout mon visage.

— … C’est gentil, n’est-ce pas ? de nous être rencontrés. Cela me fait plaisir. Et j’espère bien que nous nous reverrons.

A ce moment, le docteur Fabien Gourdon, que je ne connaissais pas encore et qui est aujourd’hui mon mari, traversait le cours avec un de ses amis. Je sus plus tard que cet ami remarqua :

— Elle n’est vraiment pas laide, cette petite Landargues, la fille du pauvre Georges.

— L’ai-je déjà vue ? dit dédaigneusement Fabien Gourdon. En tout cas, je ne l’ai pas même regardée.

— François Landargues n’y met point tant de mépris. Il la regarde ; il lui parle même, et fort aimablement.