— Comme ce sera facile de sortir ! pensai-je… comme il sera simple de rentrer !
Et désormais il me parut que je n’hésitais plus.
« Allons, pensai-je, dès qu’elles vont être couchées… » J’attendais fiévreusement le retour de Guicharde. Elle parut enfin, alla jusqu’à la fenêtre, s’assura que les volets tenaient bien et que le vent, s’il se levait cette nuit, ne les pourrait rabattre.
— Eh bien ! dit-elle, ayant achevé d’accomplir toutes ces petites besognes, nous montons ?
Je croyais bien maintenant être tout impatience. Je croyais ne pouvoir assez rapidement me séparer d’elles, et cependant je suppliai :
— Pas encore.
— Oh ! si ! déclara maman. Je n’en puis plus, mes petites ; mes yeux se ferment.
Déjà elle se soulevait dans son fauteuil et Guicharde, debout, préparait nos bougeoirs au coin de la table. Je les regardai l’une et l’autre, et je suppliai tout bas :
— Ne me laissez pas sortir ce soir… ne me laissez pas sortir…
Maman se pencha sur le bras d’acajou couvert de vieux velours, qui nous séparait l’une de l’autre.