Madame Floche s'était levée de sa chaise, mais ne paraissait pas plus grande debout qu'assise; je m'inclinai profondément devant elle; elle m'honora d'un petit plongeon brusque; elle avait dû recevoir à un certain âge quelque formidable événement sur la tête; celle-ci en était restée irrémédiablement enfoncée entre les épaules; et même un peu de travers. Monsieur Floche s'était mis tout à côté d'elle pour me tendre la main. Les deux petits vieux étaient exactement de même taille, de même habit, paraissaient de même âge, de même chair... Durant quelques instants nous échangeâmes des compliments vagues, parlant tous les trois à la fois. Puis, il y eut un noble silence, et Mademoiselle Verdure arriva portant la théière.

--Mademoiselle Olympe, dit enfin Madame Floche, qui, ne pouvant tourner la tête, s'adressait à vous de tout le buste. --Mademoiselle Olympe, notre amie, s'inquiétait beaucoup de savoir si vous aviez bien dormi et si le lit était à votre convenance.

Je protestai que j'y avais reposé on ne pouvait mieux et que la cruche chaude que j'y avais trouvée en me couchant m'avait fait tout le bien du monde.

Mademoiselle Verdure, après m'avoir souhaité le bonjour, ressortit.

--Et, le matin, les bruits de la cuisine ne vous ont pas trop incommodé?

Je renouvelai mes protestations.

--Il faut vous plaindre, je vous en prie, parce que rien ne serait plus aisé que de vous préparer une autre chambre...

Monsieur Floche, sans rien dire lui-même, hochait la tête obliquement et, d'un sourire, faisait sien chaque propos de sa femme.

--Je vois bien, dis-je, que la maison est très vaste; mais je vous certifie que je ne saurais être installé plus agréablement.

--Monsieur et Madame Floche, dit l'abbé, se plaisent à gâter leurs hôtes.