Dans la chambre régnait un paix religieuse; les volets étaient clos; près du lit enfoncé dans une alcôve, un prie-Dieu d'acajou et de velours grenat au pied d'un petit crucifix d'ivoire et d'ébène; contre le crucifix, le cachant à demi, un mince rameau de buis suspendu à une faveur rose et maintenu sous un bras de la croix. Le recueillement de l'heure appelait la prière; j'oubliais ce que j'étais venu faire et la vaine curiosité qui m'avait attiré en ce lieu; je laissais Casimir apprêter à son gré les fleurs sur une commode, et je ne regardais plus rien dans la chambre: C'est ici, dans ce grand lit, pensais-je, que la bonne vieille Floche achèvera bientôt de s'éteindre, à l'abri des souffles de la vie... O barques qui souhaitez la tempête! que tranquille est ce port!

Casimir cependant s'impatientait contre les fleurs; les capitules pesants des dahlias l'emportaient; tout le bouquet cabriolait à terre.

--Si vous m'aidiez, dit-il enfin.

Mais tendis que je m'évertuais à sa place, il courait à l'autre bout de la pièce vers un secrétaire qu'il ouvrait.

--Je vais vous faire le billet où vous promettez de revenir.

--C'est cela, repartis-je, me prêtant à la simagrée. Dépêche-toi. Ta tante serait très fâchée si elle te voyait fouiller dans son secrétaire.

--Oh! ma tante est occupée à la cuisine; et puis elle ne me gronde jamais.

De son écriture la plus appliquée il couvrit une feuille de papier à lettre.

--A présent venez signer.

Je m'approchai: