--J'espère que non, chère Madame. Je prie un ami de prendre soin de mes intérêts.
Madame de Saint-Auréol était survenue; elle s'éventait et tournait dans la pièce en criant de sa voix la plus aiguë. --Qu'il est aimable! Ah! mille grâces... Qu'il est aimable!-- puis disparut, et le calme se rétablit.
Peu avant le dîner l'abbé rentra de Pont-l'Évêque; comme il n'avait pas eu connaissance de ma velléité de départ, il ne put être surpris d'apprendre que je restais.
--Monsieur Lacase, dit-il assez affablement, j'ai rapporté de Pont-l'Évêque quelques journaux; pour moi je ne suis pas grand amateur des racontars de gazettes, mais j'ai pensé qu'ici vous étiez un peu privé de nouvelles et que ces feuilles pourraient vous intéresser.
Il fouillait sa soutane: --Allons! Gratien les aura montés dans ma chambre avec mon sac. Attendez un instant; je m'en vais les quérir.
--N'en faites rien, Monsieur l'abbé, c'est moi qui monterai les chercher.
Je l'accompagnai jusqu'à sa chambre; il me pria d'entrer. Et tandis qu'il brossait sa soutane et s'apprêtait pour le dîner:
--Vous connaissiez la famille de Saint-Auréol avant de venir à la Quartfourche? demandai-je après quelques propos vagues.
--Non, me dit-il.
--Ni Monsieur Floche?