— N'est-ce pas! dit Julius tout ravi. Ajoutons-y qu'il prend plaisir à se contraindre...
— Jusqu'à la dissimulation.
— Inculquons-lui l'amour du risque.
— Bravo! fit Lafcadio toujours plus amusé: S'il sait prêter l'oreille au démon de la curiosité, je crois que votre élève est à point.
Ainsi tour à tour bondissant et dépassant, puis dépassé, on eût dit que l'un jouait à saute-mouton avec l'autre:
Julius. — Je le vois d'abord qui s'exerce; il excelle aux menus larcins.
Lafcadio. — Je me suis maintes fois demandé comment il ne s'en commettait pas davantage. Il est vrai que les occasions ne s'offrent d'ordinaire qu'à ceux-là seuls, à l'abri du besoin, qui ne se laissent pas solliciter.
Julius. — A l'abri du besoin; il est de ceux-là, je l'ai dit. Mais ces seules occasions le tentent qui exigent de lui quelque habileté, de la ruse...
Lafcadio. — Et sans doute l'exposent un peu.
Julius. — Je disais qu'il se plaît au risque. Au demeurant il répugne à l'escroquerie; il ne cherche point à s'approprier, mais s'amuse à déplacer subrepticement les objets. Il y apporte un vrai talent d'escamoteur.