L’accusé. — J’ai lu le journal.
Le premier janvier, c’est-à-dire deux jours plus tard, la maison de la belle-sœur y passe.
Le Président veut que Bernard ait été ivre ce soir-là, et insiste pour le lui faire avouer. Bernard proteste qu’il était à jeun.
Le soir de ce premier janvier, jour de fête, les parents se trouvent réunis, cousins, neveux, etc. Bernard refuse de souper avec eux et repart à 6 h. ½. Au cours de la conversation générale, comme on parlait de l’incendie de l’avant-veille, on se souvient de lui avoir entendu dire qu’on en verrait d’autres bientôt.
Et quand cette même nuit le feu se déclare chez la veuve Bernard et que les voisins l’appellent et crient : « Au feu ! Au secours ! » lui, le plus proche voisin et le plus proche parent, s’enferme et ne reparaît qu’un quart d’heure après… Du reste il ne nie rien. Le second incendie, c’est lui qui en est l’auteur, ainsi que du premier et des deux autres qui suivirent.
Le Président. — Alors vous ne voulez pas dire pourquoi vous vous les avez allumés ?
L’accusé. — Mon Président, je vous dis que j’avais aucun motif.
— C’est vraiment fâcheux qu’il avait ce goût-là, dit la veuve. Autrement on n’avait pas à se plaindre de son travail.