Et comme l’autre voyageur hasarde qu’il en est qui, soutenus, aidés, feraient de passables et quelquefois de bons travailleurs, le gros Monsieur, qui n’a pas écouté :

— Le meilleur moyen pour les forcer à travailler, c’est de les mettre à pomper au fond d’une fosse qui s’emplit d’eau ; l’eau monte quand ils s’arrêtent de pomper ; comme ça ils sont bien forcés.

La Dame en deuil. — Quelle horreur !

— J’aimerais mieux les tuer tout de suite, gémit une autre dame.

Mais, comme la Dame en deuil l’approuve, celle qui d’abord avait émis cette opinion, sans doute de cette sorte de gens qui trouvent un cheveu à leur propre opinion dès qu’elle n’est plus exprimée par eux-mêmes :

— Mon père, lui, qui était du jury, il avait coutume de ne les condamner qu’à perpétuité. Il disait qu’on devait leur laisser le temps de se repentir.

Le gros Monsieur hausse les épaules. Pour lui un criminel, c’est un criminel ; qu’on ne cherche pas à le sortir de là.

La Dame qui n’a presque rien dit, émet timidement cette pensée que la mauvaise éducation est souvent pour beaucoup dans la formation du criminel, de sorte que souvent les parents sont les premiers responsables.

Le gros Monsieur, lui, croit qu’après tout l’éducation n’est pas toute-puissante et qu’il est des natures qui sont vouées au mal comme d’autres sont vouées au bien.

Le Monsieur du coin se rapproche et parle d’hérédité :