Dans la rue, je respirai plus librement, p'fft! p'fft!... Mon indignation se calmait. La pensée me vint d'attendre cette enfant. Il me semblait qu'il y avait là une bonne action à faire, qu'on pouvait encore ramener au bien cette âme égarée...

Au bout de cinq minutes, elle sortit. Je ne pus, en la revoyant, me défendre d'une certaine émotion, p'fft! La pitié probablement. Je m'approchai d'elle et lui parlai avec bonté.

Quelques minutes plus tard, entraîné sans savoir comment, je me trouvais chez elle.

Un taudis!... un vrai chenil!

*
* *

Néanmoins... j'y passai quelques instants... Fut-ce une faute? je ne le crois pas. Je ne saurais me résoudre à qualifier de coupable un acte qui a la vertu pour dénouement;—et c'est ce qui arriva:

Au moment de quitter la malheureuse, pris d'une inspiration soudaine, je me plaçai devant elle, et avec l'autorité qui résulte de mon âge et de ma situation,—p'fft!

—Jurez-moi, lui dis-je, que c'est la dernière fois, et que vous serez sage désormais.

Elle me le promit.

Vous en penserez ce que vous voudrez; mais, moi, je m'éloignai, le cœur plein du légitime orgueil que donne le sentiment d'avoir, probablement, fait une bonne action.