GUSTAVE COURBET

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Les farouches taureaux, dans les vallons du Doubs,
Quand ils le voient passer, jalousent ses épaules
Comme un Turc il est fort, et comme un agneau, doux.
Son nom, caché longtemps, a volé jusqu'aux pôles.
C'est le peintre, le vrai, des vallons et des bois,
Des chevreuils et des bœufs égarés dans les plaines,
Des femmes en chansons laissant mourir leurs voix,
Et des curés béats aux immenses bedaines.
E. Vermesch.

es vers, dont l'encens parut fade à Courbet, me sont revenus au souvenir, l'autre jour, en visitant les salles d'exposition de l'Impressionnisme, une école dont chaque adepte, tour à tour, aussitôt qu'il parvient à forcer la porte du Salon officiel, se hâte d'abandonner les résolutions intransigeantes.

Impressionnisme, d'ailleurs, équivaut à toute autre chosisme: c'est la devise quelconque, variable selon l'époque, au moyen de laquelle se rallient les mécontents, pour inquiéter l'opinion publique et combattre les idées reçues, qui, sans cela, dégénéreraient en préjugés. Je n'y vois aucun inconvénient pour ma part, et j'honore profondément la mémoire de Courbet, qui peut-être, aujourd'hui, se fût appelé impressionniste, et qui des premiers livra la bataille avec la supériorité d'un talent énorme et l'aplomb d'une vanité sans seconde.

Sa vanité mise à part, c'était un simple s'il en fut, en dépit du retroussis narquois de sa lèvre. Honnête homme, d'ailleurs, très honnête, et ce doit être le remords de M. Dumas fils de l'avoir insulté. Tout au plus fallait-il en rire, après avoir admiré l'inconscient génie du peintre.

Inconscient, en effet, il le fut comme un bœuf, dont il avait la redoutable encolure et l'irrésistible coup d'épaule, avec la lenteur du ruminant, le front têtu et dur.—«Il a du charbon dans le crâne,» disait l'Auvergnat Vallès.