Sa dernière lettre, d’une écriture un peu tremblée, est datée du 5 novembre 1782: elle expira le 13, emportant dans la tombe, avec les secrets d’un passé glorieux, l’âme d’une génération demeurée sans rivale[462].

Ainsi achevait sa carrière, rue du Cahernan, chez le procureur Aumailhey, celle qui, tour à tour Bérénice de l’Académie des Arcades et Uranie du poème de Lagrange, occupa une si grande place au sein de la cité bordelaise. Jusqu’à la fin du siècle, son souvenir fut pieusement gardé. Il s’effaça ensuite dans le tourbillon révolutionnaire, à peine défendu contre l’oubli par quelques lignes de Montesquieu, des notes éparses dans la poussière et un nom—mal orthographié—sur la plaque d’une rue[463]...

A Mme Duplessy, à ses hôtes, au milieu dans lequel ils vécurent, au mouvement littéraire, politique et social qui s’accomplit autour d’eux, il manquait «un témoin pour leur donner vie et mémoire»... Puisse cette étude tenir lieu des registres et rooles sans lesquels, au dire de notre vieux Montaigne, «les fortunes de plus de la moitié du monde s’esvanouissent sans durée!»

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