Riposte embarrassante à laquelle il fut répondu par un non qui se perdit dans le tumulte, ainsi que cette réflexion d'un des pairs à l'interrupteur: «Ma foi, tu es un mauvais avocat[232].»
[232] D'après la relation du Président d'Aligre, Saint-Simon aurait prononcé quelques paroles après la déclaration de M. de Reims. Il aurait dit que, si la pairie cédait, c'était «pour cette fois seulement et sans le tirer à conséquence».
Sur ces entrefaites, le maréchal de Villars exprima sa surprise de ce que le Premier Président refusait aux ducs le coup de bonnet réclamé par eux et affirma tenir du feu roi,—dont l'opinion devait trancher le litige,—qu'une pareille prétention était fort étonnante... A quoi M. de Mesmes répondit vivement:
—Sa Majesté, monsieur, m'a dit à moi tout le contraire. Son avis, lorsque vous émîtes vos prétentions, fut qu'il fallait tâcher de s'arranger. Elle ajouta qu'elle ne prendrait jamais connaissance du litige.
Le duc de Noailles, dont nous avons déjà signalé l'allure conciliante, jugea le moment favorable pour prononcer quelques mots pacifiques:
—Accommodons-nous, déclara-t-il, et qu'il ne soit plus question de rien.
Tel semblait bien être l'avis du duc d'Orléans, fort embarrassé dans ce conflit qui tournait à l'aigre. Il prit la parole à son tour; mais la formule qu'il employa ne fut point heureuse. Il annonça, en effet, qu'il statuerait après avoir entendu les parties et examiné les usages.
—Nous ne demandons que cela! s'écrièrent les ducs.
Mais ils avaient compté sans «ce fou de Novion» qui, comme personne, possédait les précédents en la matière.