[311] M. Chéruel, faisant état des Mémoires de Villars, s'explique, à ce sujet, dans les termes suivants: «Ce qu'il (Saint-Simon) ne dit pas, c'est qu'il chercha à tirer parti de cette réconciliation pour la question du bonnet qui ne cessait de le tourmenter.»—Saint-Simon considéré comme historien du règne de Louis XIV, p. 115.

Ce qu'il y a de piquant, c'est que les pairs se figurèrent que l'accord allait s'établir. Ils se flattèrent même que, le jour de la réception du duc de Nevers, M. de Mesmes donnerait un gage de son bon vouloir en ôtant son mortier. Ce jour fut attendu, Dieu sait avec quelle impatience! La cérémonie eut lieu à l'heure dite, mais hélas, comme par le passé, le mortier présidentiel demeura immobile sur l'énorme perruque dont il couronnait l'édifice.

Encore une tentative avortée.—Comme elle n'était pas de nature à accroître auprès de la postérité le prestige de son auteur, celui-ci a jugé opportun de n'en point perpétuer le souvenir: on n'en trouve trace ni dans les Mémoires, ni dans les Écrits inédits. C'est au maréchal de Villars que l'histoire est redevable du renseignement[312].

[312] Mémoires de Villars, t. II, p. 475 et suiv.


[XVI]

Les accusations de Saint-Simon contre le Premier Président de Mesmes.—De Mesmes fut-il vénal?—Son rôle pendant l'exil de Pontoise.—Il meurt pauvre.—Son prestige.—Appréciation des contemporains.—A-t-il trempé dans la conspiration de Cellamare?—Invraisemblance de cette accusation.

Saint-Simon se dédommageait de ces déboires en déversant sur son hôte de la veille ses plus ingénieuses diffamations. Au milieu «des horreurs» dont il le déclare convaincu, il l'accuse d'avoir vendu sa Compagnie au Régent et le Régent à sa Compagnie, de les avoir trompés à tour de rôle et de ne s'être prêté au règlement des affaires confiées à ses soins qu'à la dernière extrémité, afin de ne point tarir «la mine d'or» dont l'exploitation, savamment dirigée, constituait le salaire de ses honteuses complaisances.