Mais son malheur voulut qu'il chût la tête la première dans un encrier qui n'avait justement pas été bouché. La jupe de sa tunique, trop large pour passer par l'ouverture du flacon, l'empêcha de couler jusqu'au fond mais il resta là, les pieds en l'air et la tête dans l'encre, sans pouvoir se dégager.
Il fut retrouvé le lendemain, dans cette position inattendue, par les enfants qui venaient chercher leurs jouets. En le voyant, ils s'accusèrent mutuellement de s'être joué ce mauvais tour et ils se disputèrent bien.
Mais lorsqu'ils eurent retiré Quillembois de l'encrier, ils rirent tellement en voyant sa pauvre tête noire, qu'ils ne restèrent pas fâchés plus longtemps et qu'ils coururent vers la chambre de leurs parents, voulant leur montrer ce personnage ridicule, espérant bien que tout le monde en rirait autant qu'eux.
L'encre qui dégouttait de la tête de Quillembois tacha le tapis de la salle à manger, l'escalier, le parquet de la chambre. Le héros démodé n'eut pas un succès de rire, mais d'horreur.
Alors, arraché des mains qui le tenaient, il fut jeté dans le feu où il se consuma.
Ses anciens camarades, le tambour, le capitaine, le porte-drapeau disparaîtront à leur tour: les bergers, les moutons, les bergères roses et vertes s'en iront aussi en fumée ou en poussière.