Allongé dans sa boîte, Quillembois regardait devant lui. Il voyait, sur les planchettes dont l'atelier était garni, un grand nombre de maisons, d'arbres, de moutons, de vaches, de chevaux, de canards, d'oies, de poules, de bergers et de bergères qui séchaient en attendant d'être mis en boîte à leur tour.
Il voyait surtout, juste en face de lui, une petite bergère à la jupe verte et au corsage rose dont les yeux étaient obstinément fixés sur les siens.
Quillembois et la bergère se regardèrent donc pendant des jours et des jours jusqu'à ce qu'on vint les en empêcher en mettant un couvercle sur la boîte où se trouvait le petit soldat.
Sans savoir pourquoi, Quillembois se sentit le cœur tout gros. Comme il faisait noir et que personne ne pouvait le voir, il se mit à pleurer en pensant à la bergère rose et verte qu'il ne reverrait peut-être plus jamais.
La boîte dans laquelle se trouvait Quillembois fut mise dans un coin de l'atelier, à côté d'autres boîtes semblables.