Autrefois le rat de moulin, le rat d'église, le rat d'égout vivaient à l'aise, chacun dans son domaine; la civilisation moderne les oblige à cumuler, à se disputer le royaume étroit des ténèbres, pour ne pas mourir de faim. Pas un pauvre petit coin du monde qui n'ait son inspecteur ou son éclairage au gaz!


Si vous avez eu le génie de Richelieu et la féconde astuce de Mazarin pour vous édifier un trône, il vous est permis d'être grand comme Louis XIV.


Ne lisez Montaigne qu'à cinquante ans, quand vous aurez le torse enveloppé de chaude flanelle, le ventre au feu, les pieds sur les chenets, dans une chambre bien close et bien capitonnée, lorsque la première bise d'hiver fouette les vitres et fait songer aux pauvres errants sur les routes. Montaigne est la prose d'Horace. Son livre est le bréviaire des vieux gourmets au coeur sec, hommes d'expérience aimant à siroter la vie par petites gorgées et tenant à jouir pour tous les centimes que renferme une pièce d'or quand ils consentent à la dépenser; livre écrit en beau français, soit; et pour notre langue un des plus riches filons du XVIe siècle; je l'avoue; mais livre des vieux, évangile des égoïstes.

Est-ce bien le même homme qui a écrit une si belle page sur l'amitié?


Les grands poètes de la Grèce antique sont nés sous une mauvaise étoile:

«Eschyle a le crâne brisé par une tortue tombant du ciel.