C'était autrefois dans tout le Japon et c'est encore aujourd'hui dans les campagnes une croyance très répandue que les morts reviennent et que leurs ombres laissent en s'évanouissant des «papiers funéraires», témoignages de l'apparition où sont écrits les conseils ou les avertissements qu'ils donnent aux vivants.–Que cette variété de spiritisme fournisse aux esprits forts un puissant moyen d'abuser des âmes crédules, cela n'est pas douteux.–La religion populaire des Japonais est un culte de petits papiers: il suffit pour s'en convaincre de visiter la première chapelle venue.

Au Japon, comme dans beaucoup d'autres pays, il y a pour toutes les grandes villes un quartier spécialement affecté à cet usage. Dans les centres principaux, comme Tokio et Kyoto, ce quartier forme une véritable ville à part ayant son enceinte et ses portes et dont le cachet est singulièrement pittoresque.–C'est à coup sûr une des curiosités du pays.

Ancien keraï.

Autre Keraï disgracié devenu chef de voleurs: Acte IV; 1er tableau.

Maison de thé.–La tcha-ya au Japon tient lieu de cabaret.

Il s'agit bien entendu de l'ancien droit.–N'oublions pas que Gorozô est tombé dans la misère et se trouve dans l'impossibilité de pourvoir à l'entretien de sa femme. Celle-ci n'aurait pu le quitter purement et simplement; mais en lui donnant le prix de son infidélité elle s'acquitte légalement envers lui.–Il est alors censé l'avoir vendue lui-même. C'est une sorte de fiction comme il y en a en droit romain.

Acte IV: 2e tableau.

Ce morceau est une de ces grandes manches de kimono qui sont particulièrement longues pour les femmes. Cette partie du costume formant poche ou même sac se trouve très propre à l'usage qu'en fait là Gorozô.

N'est-il pas curieux, par exemple, de voir ce ronin Gorozô, devenu misérable, et toujours entouré d'une foule de gens dépendant de lui et vivant plus ou moins à ses crochets. Il n'y a cependant rien là de contraire au vieil ordre social du Japon.

Chez les peuples superstitieux, on n'aime pas les souhaits de bonheur; il semble toujours qu'ils cachent un malheur. Témoin cette habitude dans certains pays de faire les cornes ou le signe de croix quand on reçoit des félicitations sur la chance passée ou des vœux pour l'avenir.