Trott fait un pas en arrière. Eh bien ! elle a une jolie conversation ! Trott se sent la tête tout embrouillée. Quoi ! la petite sœur a cette voix-là ? On dirait la poupée de Marie de Milly, qui crie quand on lui presse le ventre ; seulement c’est plus laid et plus fort…

Le poupon braille de toutes ses forces avec une toute petite voix de polichinelle enrhumé. La nourrice l’a pris ; elle le bouchonne, le secoue ! Oh ! petit bon Dieu, pourquoi est-elle si laide ?

Elle agite ses mains comme si elle voulait s’arracher les yeux et le nez. Quatre cheveux lamentables errent sur un crâne nu qui ballotte à droite et à gauche… Et dire que personne ne s’étonne, qu’on trouve ça tout naturel ! Est-il possible que d’autres bébés soient comme ça ? Dire que c’est cette petite chose-là qui vient du Paradis !

Trott l’avait oublié. Il se sent un respect inattendu. Hier elle était avec les anges… avec le bon Dieu…

— Il faut rentrer, monsieur Trott. Dites adieu à la petite.

La petite sœur est très tranquille maintenant dans son moïse. Ses yeux regardent tout droit au plafond. La nourrice cause avec Jane. Il faut en profiter. Trott s’approche de la petite figure ; il l’embrasse, quoique ça le dégoûte un peu, et chuchote tout contre l’oreille minuscule fripée :

— Est-ce qu’il va bien, le bon Dieu ?

Pas de réponse.

— C’était joli au Paradis ?

Pas de réponse.