Trott s’arrête interdit. C’est peut-être une injure. Qu’est-ce qui va se passer ? Non ! la nourrice est Alsacienne. Ça veut dire que bébé fait dodo. Trott rassuré se glisse tout doucement. Il se dirige vers un grand berceau rose. Nounou en écarte les rideaux. Trott se penche, et il aperçoit…
Il aperçoit une espèce de pomme cuite toute rouge, toute ratatinée, avec çà et là des excroissances et des trous. Ça a vraiment l’air d’une figure toute petite sur laquelle on se serait assis et qui aurait très chaud. Il y a aussi de microscopiques petites mains de vieille, toutes rouges, toutes ridées. Ça a un aspect vieux, misérable, racorni… Trott est consterné.
— Chôlipépé ! dit la nourrice.
Trott lève la tête avec hésitation, puis il reporte ses yeux vers le bébé qui dort toujours. C’est ça, la petite sœur !
— Eh bien ! monsieur Trott, qu’est-ce que vous pensez de votre petite sœur ?
— Est-ce que vous ne croyez pas, Jane, qu’en la renvoyant tout de suite, le bon Dieu voudrait la changer pour une autre moins laide ?
Jane est indignée. Elle accable Trott de reproches vifs. Mais il ne l’entend pas. Il regarde toujours la petite poupée rouge. Qu’elle est vilaine ! Ah bien ! Lucette est un assez joli nom pour elle ; Polycarpe aurait été beaucoup trop beau. Tiens ! la voilà qui bouge ! C’est plus intéressant. Ça peut donc bouger, ces petites choses ! Et puis, on dirait… oui vraiment : les paupières se lèvent : on voit apparaître deux espèces de câpres tout ronds, sans blanc, vagues… Tiens ! la bouche se plisse. Il faut être poli. Trott, un peu intimidé, dit très bas :
— Bonjour, Lucette.
Elle ne répond pas. Ah si ! la voilà qui fait une grimace :
— Ouin-in-in-in…