Trott gravit l’escalier. Il est de plus en plus ému. Il y a dans la maison un grand silence qui vous serre la gorge. Il faut qu’il attende dans le corridor. Jane va voir s’il peut entrer chez sa maman. Trott attend longtemps. Il est tout à fait grave. Ce serait l’heure de goûter… Mais voilà papa…
— Papa !
— Chut. Viens près de ta maman. Elle est malade. Il faudra seulement lui dire bonjour, et puis tu t’en iras.
Ça n’est pas gai, tout cela. Papa n’a pas sa belle mine des jours où il est sanglé dans son grand uniforme d’officier de marine. Papa est tout ébouriffé. Il a les yeux rouges et est habillé tout de travers. Quel bouleversement pour cette petite personne ! Trott se sent mécontent…
La chambre de maman est presque noire. Ça sent comme chez le pharmacien. Maman est dans son lit, toute pâle, toute blanche. Elle a l’air si fatiguée… Pourtant un tout petit sourire effleure ses lèvres, quand Trott s’approche. Il se penche pour l’embrasser, très ahuri, et il murmure machinalement :
— Vous savez, maman, j’ai trouvé un beau coquill…
Mais papa le fait taire, l’embrasse et le remet dans le corridor entre les mains de Jane. Il se retrouve en plein jour, très désorienté. Maintenant il faut aller voir la petite sœur. Ah bien ! ça, c’est plus amusant. On va pouvoir un peu sauter et rire. Chut ! la petite sœur dort… Quelle paresseuse ! Trott aura vite fait de la réveiller…
— Si vous faites du bruit, monsieur Trott, on vous renverra tout de suite.
Trott promet d’être sage. Il suit le corridor sur la pointe des pieds. Jane frappe à une porte. L’énorme nourrice apparaît. Elle sourit en découvrant des dents de cannibale qui impressionnent Trott, et lui dit :
— Pépétôtô.