Borocoski, Nicolas Schultz; Jean Nuchmewiez, fourrier; Joseph

Policaski, idem.

Si cela avait dépendu de moi, j'aurais fait la biographie de tous les braves qui avaient suivi l'Empereur à l'île d'Elbe; mais pendant mon long exil la famille elboise s'est totalement dispersée, et, faute de matériaux positifs, je ne puis parler que des officiers dont il m'a été possible d'étudier le caractère. Lorsque je fais l'histoire du père, que je cherche à ne rien oublier de ce qui était lui, de ce qui tenait à lui, je ne dois pas omettre de dire ce que je sais de ses enfants.

Le général Cambronne commandait la compagnie dans laquelle La Tour d'Auvergne trouva une mort glorieuse. Il était d'une bravoure à toute épreuve. Sa carrière militaire est illustrée par beaucoup de traits de dévouement, mais la violence de son caractère était quelquefois effrayante. De retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le nomma lieutenant général, et il refusa. À la funeste journée de Waterloo, il fut grièvement blessé, et les Anglais, qui l'avaient ramassé sur le champ de bataille, le conduisirent prisonnier en Angleterre. On lui a prêté ces belles paroles qu'il n'avait pas dites, qu'il n'avait jamais été en position de dire: «La garde meurt, elle ne se rend pas», et pour rendre hommage à la vérité il les désavoua. De mauvais conseils lui firent prendre du service sous la Restauration.

Le commandant Mallet, chef de bataillon de la garde, avait peu d'instruction, mais c'était une belle nature de soldat, de bon soldat franc, loyal, dévoué, pouvant honorablement remplir sa tâche et la remplissant à la complète satisfaction de l'Empereur, ainsi qu'à celle des braves qui étaient immédiatement sous ses ordres.

Le capitaine Laborde, adjudant-major, avait reçu une bonne éducation, en avait profité, et, malgré son exaltation méridionale, tout en lui témoignait d'un bon coeur ainsi que d'une belle âme. Il était brave comme l'épée de Bayard.

Le lieutenant en premier Mélissent, sous-adjudant-major, ne fit que paraître et disparaître, et lorsqu'il s'en alla, ses camarades se demandèrent pourquoi il était venu. Son départ prématuré fit que personne ne le regretta; c'était cependant un bon officier.

L'officier payeur, Félicien Arnaud, était à la fois un excellent soldat et un bon comptable, et tous les braves l'entouraient d'estime.

D'un talent distingué, homme de science et homme d'épée, généreux, dévoué, religieusement soigneux pour les blessés, le chirurgien Emery, chirurgien en chef de la garde, était une des belles illustrations de ce corps éminemment illustre, et Grenoble, qui a donné tant de grands hommes à la patrie, peut le compter parmi ses enfants d'une noble distinction. Nous le retrouverons à notre débarquement en France.

Voilà pour l'état-major.