Je passais près d’elle. Sa petite coiffe en dentelles, en forme de coquilles ajustées, lui prenait la tête comme la gaine ajourée d’une noisette. Elle laissait voir de ses cheveux, seule parure.
D’abord désappointée de la rencontre, elle ne m’évita point, et répondit volontiers. Elle se cachait pour prier. Elle adorait Dieu, surtout au crépuscule: «Je vais voir Dieu», disait-elle.
—Pourquoi êtes-vous si triste?—lui demandai-je.
—Et vous?—fit-elle, en me regardant de ses yeux clairs.
—Vous allez à l’église: moi, je n’y vais pas,—lui dis-je évasivement.
—Ah! soupira-t-elle,—je voudrais n’en pas sortir.
—Vous voudriez donc être morte? Pourtant votre vie est douce.
—Je n’aime pas vivre.
—Vous n’aimez peut-être rien...
—J’aime le Paradis.