—Elles sont mortes... Vous n’auriez point de peur?
—Et de quoi?
—De douter?...
—Dieu peut tout ce qu’il veut, dit-elle d’une voix basse et ardente.—Douterais-je de ce que j’aurais le bonheur de voir, moi qui ne doute pas de ce que je n’ai pas vu?
—Vous parlez des miracles?
—Oui, dit cette simple fille avec tendresse. Ces saintes, vous savez, avaient le corps couvert de plaies, et cependant il embaumait la violette et les roses. Elles ont vu leurs anges, la nuit, à leur chevet; et la Très Sainte Vierge Marie a essuyé, elle-même, leurs larmes... C’est ainsi.
—Qui n’envierait de les verser? Et l’on souffrirait volontiers toute sorte de supplices, n’est-il pas vrai?
—On ne les souffrirait pas, dit-elle. On en ferait sa joie. Je voudrais être déchirée de tout mon corps, pour être pansée par les anges, et que Jésus approchât ma peine de son cœur... Est-ce là endurer? Ne meurt-on pas de joie, si l’on est, pauvre femme, jugée digne de voir un miracle?
—Barbe, vous attendez-vous à des miracles?
—Oh! soupira-t-elle, que ne suis-je moi-même un miracle!...