—Guillaume, vous qui n’avez peur de rien, dit le jeune homme, voulez-vous vous mettre devant la porte? Par une telle nuit, je ne puis voir une porte sans malaise. Ouverte ou fermée, elle fait peur... Et c’est encore pis, si je lui tourne le dos: l’angoisse me tourmente...

—Pourquoi donc, monsieur?

—Il me semble toujours qu’elle va s’ouvrir; et que sur le seuil je vais voir une apparition...

Crozon se prit à rire doucement:

—Voilà, je l’avais dit. Vous vouliez parler des revenants... Mais vous n’y croyez pas, monsieur André... Vous vous moquez de moi, quand je...

—Pas du tout. Je ne me moque pas de vous. Je ne crois peut-être pas aux revenants; mais je crois aux fantômes...

—Ah!...

—Oui: je sais qu’il y en a...

Crozon ne faisait pas la différence des revenants avec les fantômes; et les autres non plus.

—C’est tout un, observa Guillaume qui n’avait encore rien dit.