VII

PENDANT les derniers jours de septembre, la température s'était subitement relevée; le ciel n'avait pas un nuage et il faisait chaud comme en juillet. Il semblait qu'en entrant dans le signe de la Balance le soleil voulût se donner encore une fête estivale.

Coiffé d'un large chapeau de paille, le pépiniériste Gerdolle sortit de chez lui en s'épongeant le front et se hâta de traverser la chaussée pour cheminer dans la bande d'ombre qui coupait obliquement l'avenue. Au moment où il longeait le mur de «Mon Désir», il fut hélé par une voix flûtée, qui partait de l'intérieur d'une tonnelle.

—Eh! monsieur Gerdolle, roucoulait la voix, où courez-vous si vite par cette chaleur?... Arrêtez-vous une minute et venez boire une chope avec notre voisin Février!

Cyrille Gerdolle stoppa en reconnaissant cet organe féminin.

—Bonjour, madame Miroufle, répondit-il; ma foi, c'est pas de refus et, si vous voulez bien m'ouvrir...

La porte s'entre-bâilla et le pépiniériste se glissa dans le jardinet, où, à l'abri des vignes vierges déjà rougissantes, Mme Alicia, en peignoir rose, attablée en face de M. Février, débouchait une seconde bouteille de bière.

—Salut à la compagnie! dit Gerdolle en s'asseyant sans façon dans un fauteuil d'osier, c'est vrai qu'il fait soif par cette température de serre chaude!