—C'est Mme votre mère, annonça-t-elle, qui demande à vous embrasser... Ce La Guêpie est avec elle et ils sont entrés dans le salon quasiment malgré moi...
—Je ne veux recevoir personne! déclara impétueusement Clairette... Réponds que je suis malade et que je garde la chambre...
—Fais pas ça! protesta vivement Landry qui, lui, n'était pas fâché de voir du monde; ce serait une impolitesse et une inconvenance!
—Je ne veux recevoir personne! repartit obstinément la jeune fille, maman devrait le comprendre... Quant à toi, si le cœur t'en dit, tu es libre d'aller au salon... Tu m'excuseras...
Le Traquet haussa les épaules et gagna une porte de communication... Il trouva Mme de Cormery en élégante toilette de deuil, assise languissamment sur un canapé. M. de la Guêpie, le monocle dans l'œil, se promenait en examinant les tableaux et en maniant, sans façon, les bibelots épars sur la cheminée.
A la vue de Landry, la dame se leva et serra dramatiquement le jeune garçon dans ses bras.
—Ah! mon pauvre enfant, soupira-t-elle, quelle triste journée!... Je voulais être la première à t'embrasser, à te dire, ainsi qu'à ta sœur, quelle part je prends à vos peines, et combien je suis désireuse de vous prouver ma constante affection.
La Guêpie s'avança à son tour; d'un air grave et condoléant, il secoua la main de Landry Fontenac.
—Mon cher, déclara-t-il, je ne vous prodiguerai pas de ces paroles banales avec lesquelles on cherche à alléger des douleurs que le temps seul peut guérir... Touchez là! Je suis de cœur avec vous et vous pouvez compter sur ma bonne amitié.
—Mais où est donc Clairette? questionna Mme Gabrielle, d'une voix déjà moins onctueuse; est-ce qu'on ne l'a pas prévenue de ma visite?