Il sortit, et tandis que, du fond du corridor, Véronique s'assurait de son départ, la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin s'ouvrit brusquement, et Gérard La Faucherie entra dans le salon. Il s'était d'abord présenté à la porte de la place Verte, mais la jeune femme avait donné des ordres à la servante, et on avait refusé de le recevoir: alors il avait imaginé de passer par le jardin et d'arriver ainsi jusqu'à Véronique, qu'il voulait revoir à tout prix.
Quand elle revint sur ses pas et qu'elle l'aperçut, elle poussa un cri, puis blessée et irritée de cette hardiesse du jeune homme:—Vous ici, monsieur? dit-elle avec colère, qui vous a permis de pénétrer chez moi et que me voulez-vous?
Elle parlait durement et sèchement, mais Gérard paraissait décidé à ne point se laisser intimider:—Je n'ai pas eu la force de vous obéir, murmura-t-il.
—Vous avez préféré me compromettre, interrompit violemment Véronique.
—J'ai voulu vous revoir et vous parler avant de partir.
La jeune femme tressaillit.—Vous partez? demanda-t-elle d'une voix plus douce.
—Oui, reprit Gérard, je veux quitter le pays… Je sais que vous ne pouvez pas m'aimer, et je connais l'obstacle qui nous sépare.
—Que voulez-vous dire? s'écria-t-elle interdite.
—J'ai vu M. du Tremble…
—Vous aussi!… vous savez…, balbutia-t-elle, rougissant de honte.