Mme Adrienne s’était levée et avait pris le bras du notaire. Les chaises furent repoussées brusquement. Chacun imitait son exemple et, Pierre ayant ouvert les deux battants de la porte, les invités passèrent au salon, où le café était servi.

Le curé et Francis Pommeret se rencontrèrent dans l’embrasure de la porte.

— Monsieur le garde-général, dit le prêtre de son ton sardonique, ma bibliothèque est toujours à votre disposition… mais il me semble que vous n’en abusez pas.

— Pardon, monsieur le curé, répondit Francis en rougissant sous le regard aigu de l’abbé, depuis quelques mois je n’ai guère eu le temps de lire.

— Vous êtes très occupé…

— Oui, monsieur le curé, passablement.

— En vérité !… je m’étais laissé dire qu’en cette saison les opérations forestières vous permettaient de nombreux loisirs.

— C’est une erreur, répliqua sèchement le garde-général.

— Ah ! tant mieux ! soupira le prêtre ; puis il ajouta en pinçant les lèvres : — Enfin, quand vos occupations vous absorberont moins, souvenez-vous que mes livres sont à votre service… J’ai mis en réserve quelques Pères dont la lecture vous intéressera certainement.

— Merci mille fois ! monsieur le curé. — Ce diable d’homme se moque de moi ! pensa Francis Pommeret en se dirigeant vers le guéridon où Mme Lebreton, aidée de Mlle Chesnel, offrait du café et des liqueurs à ses convives.