— Au revoir, monsieur ! répondit-elle en baissant les yeux.
Il lui avait tendu la main, elle n’osa lui refuser la sienne, et les deux mains restèrent assez longtemps l’une dans l’autre. Elle se dégagea enfin, et Francis courut reprendre son chapeau. Quand il revint sur le perron, il trouva Mme Adrienne en train d’arracher une touffe de roses rouges à l’un des rosiers grimpants qui encadraient la marquise.
— Attendez, dit-elle, je veux que vous emportiez quelques fleurs de la Mancienne.
Il prit les roses, les piqua à sa boutonnière, puis saisit de nouveau la main qui les lui avait offertes, la serra et s’enfuit.
Une fois dehors, ayant retrouvé un peu de sang-froid, il alluma un cigare et regagna lentement son auberge, en suivant la rue des Fermiers. Comme il traversait la place de l’église, il lui sembla entendre des chuchotements derrière les persiennes du bureau de poste ; mais il était si absorbé par les pensées agréables qui bourdonnaient dans son cerveau, qu’il n’y prit pas garde.
Quand le bruit de ses pas se fut éteint, la receveuse des postes ferma la fenêtre avec précaution, tandis que sa sœur, Mlle Irma, rallumait sa bougie.
— Hein ! ma chère, crois-tu ? s’écria cette dernière en secouant la tête.
— Elle l’a gardé jusqu’à près de minuit ! fit l’autre en joignant les mains dévotement ; quel scandale !
— Ça finira mal, retiens ce que je te dis !