Madame Durut, accourant.—Me voici. On va partir; votre comte se retrouvera sans doute; mais, pour Dieu! Madame la Duchesse un peu de sang-froid, et ne tourmentez pas, à propos de rien, des gens qui vous sont dévoués de toute leur âme. Voilà mon pauvre Loulou[84] que vous avez rudoyé, je gage, et qui s'en va le cœur gros, versant des larmes.

[84] Mme Durut prend à ce Loulou un intérêt particulier, et, le gardant pour elle jusqu'à nouvel ordre, elle n'a garde de s'offenser des reproches que va lui faire la duchesse, d'avoir un balourd qui ne devine pas les caprices des belles dames à demi-mot. (N.)

La Duchesse.—Ah! c'est que j'ai aussi sur le cœur sa bêtise de l'autre jour.

Madame Durut.—Qu'a-t-il donc fait?

La Duchesse.—L'animal me sert au bain, tremble comme si j'étais apparemment un tigre, un crocodile! Je daigne lui faire nombre de questions, il ne sait y répondre. J'ai un caprice, il ne sait le deviner; je le lui explique aux trois quarts, il ne comprend rien, et mon butor me quitte après mes avances humiliantes! Mais vous ne savez pas, madame Durut, mettre à la porte des balourds de cette espèce!

Madame Durut.—C'est un bon petit diable; il a craint de vous offenser.

La Duchesse.—Eh! morbleu! que n'avez-vous plutôt des insolents qu'on puisse souffleter pour ce qu'ils oseraient de trop, que ces timides inutiles, qui vous servent ric-à-ric avec un sot respect! (Elle hausse les les épaules.) Mon bain est-il commandé?

Madame Durut.—Oui, sûrement.

La Duchesse.—Je mangerai un morceau, des drogues, ce qui se trouvera; comme me voilà désorientée à crever de dépit, j'attendrai ici l'heure de la seconde pièce des Italiens.

Le Jockey reparaît pour avertir que le bain est prêt. Comme la Duchesse marche du côté de la porte…