La matinée libertine ou les moments bien employés, Cythère 1787.—in-18 de 144 pages. Il y a des exemplaires avec 3 gravures en couleurs et des exemplaires avec 5 figures (un frontispice et les gravures libres aux pages 37, 42, 94 et 132). Ces dialogues érotiques sont certainement de Nerciat, cependant comme ils se trouvent sous leur forme définitive au tome 1er des Œuvres de la marquise de Palmarèze, on les attribue généralement à Mérard de Saint-Just qui a changé les noms et le titre. Il est aujourd'hui démontré que Mérard de Saint-Just était un plagiaire. La matinée libertine allongée et devenue La petite maison se trouve aussi au tome II du Théâtre Gaillard (éd. de 1865).
La matinée libertine, etc.—(Bruxelles, 1867) in-16 de 114 pages avec trois figures libres. Vital-Puissant dit de cette édition dont le titre reproduit le texte de celui de l'originale: «La réimpression de la matinée est l'œuvre de feu Jean-Pierre Blanche (ex-contremaître de la fabrique de M. Collas de Paris), réfugié français qui avait établi à Bruxelles une petite librairie d'occasion. L'imprimeur est le sieur J. Briard».
La matinée libertine, etc. [s. d.] Paris, chez les marchands de nouveautés.—(Bruxelles, Brancard, 1883). In-12 de 96 pages. Cette édition porte en tête: Œuvres érotiques d'Andrea de Nerciat, La matinée libertine, etc.—(Bruxelles, Kistemaeckers), in-32 de 78 pages, 2 fig. libres, édition minuscule tirée à 64 exemplaires, faisant partie de la collection des: Documents pour servir à l'histoire de nos mœurs.
L'Odalisque, ou Histoire des amours de l'Eunuque Zulphicara, ouvrage traduit du turc par Voltaire. Constantinople, chez Ibrahim Bectas, impr. du Grand Vizir, 1779, petit in-8o de 85 pages.
Ce petit ouvrage peu intéressant a été attribué à Andrea de Nerciat, sans doute à cause du titre de la 2e édition (voir plus loin), mais peut-être en avait-on d'autres preuves, car les biographes n'avaient point signalé cette édition, ce qu'ils n'eussent point manqué de faire s'ils l'avaient connue. On sait que Du Croisy (cité par Barbier) attribue ce roman à Pigeon de Sainte-Paterne, bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Victor. Pour ce qui est du nom de Voltaire mis en tête de cette production, on n'a pas besoin de montrer qu'il n'y est que par supercherie. A cet égard, l'Avis de l'éditeur est assez amusant:
«Voltaire a composé cet ouvrage à quatre-vingt-deux ans. Le manuscrit nous a été remis par son secrétaire intime, ce qui nous autorise à assurer l'authenticité de ce que nous annonçons. On verra qu'il nous aurait été facile de faire disparaître quelques expressions énergiques, mais une froide périphrase n'aurait pas aussi bien rendu l'expression du personnage. Au surplus nous pensons qu'il nous faut respecter un grand homme jusque dans les écarts de son imagination».
La spéculation sur le nom de Voltaire paraît avoir réussi, puisque cette faible élucubration a été plusieurs fois réimprimée. Par bonheur il n'y a pas d'apparence que quelqu'un s'y soit laissé tromper. «Il est impossible, dit Monselet dans Les Galanteries du XVIIIe siècle, de se laisser prendre à ce piège vulgaire: l'Odalisque est un récit absolument dépourvu d'intérêt. Zéni est une petite fille que l'on élève pour la couche du Sultan; un eunuque nommé Zulphicara, devient amoureux d'elle; de là, des descriptions de sérail, des scènes de jalousie. Ce n'est pas autre chose que cela».
Sur la page du titre, au milieu d'un cadre de fleurs et d'oiseaux, un J, un F et M majuscules sont entrelacés. Ce chiffre nous fait supposer que l'éditeur de l'Odalisque pourrait bien être Jean-François Mayeur «assez coutumier de ces indignes supercheries».
Goy n'était pas de cet avis: «Quant à l'opinion de M. Charles Monselet, écrivait-il dans la 2e édition de sa Bibliographie, qui attribue cet ouvrage à Mayeur de Saint-Paul, elle est peu admissible; car Mayeur en 1779, n'avait que vingt et un ans, et il était bien jeune pour commettre une telle supercherie». Goy s'est trompé; en 1779 Mayeur écrivait déjà et collaborait depuis longtemps aux Mémoires secrets.
Il n'est pas donc impossible qu'il ait écrit l'Odalisque. Au reste, on sait que les supercheries ne lui déplaisaient point. D'autre part, Monselet avance seulement que Mayeur pourrait bien être l'éditeur de l'Odalisque.