Je conviens avec vous, cher lecteur, que la marche de toutes ces aventures n'est pas ordinaire.
Ce mélange singulier de vertu, de faiblesse, de sentiment, de caprice, ces brusques transitions de la tristesse au plaisir, du plaisir au remords, du courroux à l'attendrissement, tout cela est de nature à vous ballotter peut-être désagréablement, si vous avez l'habitude et le goût de ces scènes uniformes où chaque acteur conserve son premier masque d'un bout à l'autre de son rôle. La plupart de mes personnages sont à moitié purs et à moitié atteints d'une corruption dont il est bien difficile de se garantir au sein des capitales, quand on y apporte des passions et d'assez grands moyens de les satisfaire. De là, tant de disparates. L'histoire de mes acteurs est celle des trois quarts des mondains de tous les pays de l'Europe.
Nerciat a été souvent pillé. Dans son autobiographie intitulée: Illyrine ou recueil de l'inexpérience (Paris, an VII) la Morency a inséré des passages qu'elle empruntait à Monrose et sans prévenir le lecteur. On trouvera notamment dans la lettre CXXI (Julie à Lise) un morceau pris dans la première partie de Monrose, au chapitre VI.
Monselet fait remarquer dans Monrose «un individu italien qui pourrait bien avoir servi de modèle à Balzac pour son ou sa Zambinella, dans le petit roman de Sarrazine».
MON NOVICIAT OU LES JOIES DE LOLOTTE
Ce roman n'est pas excellent. Le titre donne assez bien l'idée du sujet. Il s'agit des premiers pas d'une jeune personne dans le libertinage. Le premier extrait comprend le passage le plus intéressant d'un récit des aventures de Félicité que celle-ci, femme de chambre de Lolotte, raconte à sa maîtresse.
AVENTURES DE FÉLICITÉ
»La suite de mon roman jusqu'au moment où j'eus l'honneur de connaître Mme de Pinange n'a rien de fort intéressant.