Lors donc que nous avons reçu l'ordre de porter secours à la terre, gémissant sous la puissance du mal, quoique brillant, et cela en faisant continuellement descendre, durant le prochain ministère, une colonne lumineuse dans nos cœurs brillants de l'amour de Dieu et du prochain, tandis que Dieu, sans cette ignition (gorzenie), ne peut, selon son éternelle loi spécifique, faire descendre la colonne de sa grâce. Rendons grâce à Dieu de ce que, sa grâce aidant, nous avons pu, au milieu des contradictions qui nous entourent, comprendre tout entier ce mystère, le plus important de notre force. C'est une garantie de nos futures destinées. Souvenons-nous que notre dévouement servira, non seulement la terre, mais encore le ciel; car les esprits saints, ces grands chérubins [pour qui non seulement la matière de la terre, des corps, mais encore le monde surterrestre d'esprits est trop étroit, à cause de leur élévation], ces grands chérubins ne peuvent quitter la terre n'y ayant pas allumé le feu de l'amour divin par le moyen de nos cœurs, à cela destinés, ne s'étant donc pas acquittés de leur devoir envers Dieu en mesure de leur élévation, sont obligés d'y rester. De là nous viendra l'aide extraordinaire de ces grands chérubins; ces êtres très saints descendront (fréquentatif, texte) à nous avec désir d'amour inconcevable, pour nous éclairer, nous fortifier, pourvu seulement que la loi spécifique le leur permette, c'est-à-dire pourvu que nous présentions toujours à Dieu des cœurs purs, simples, innocents et aimants. Et, l'œuvre accomplie, s'ouvrira, à la face de Dieu, cette marche, la plus auguste, des grands saints quittant le globe terrestre. Jésus-Christ seul, en sa qualité de père de la terre, ne la quitte point tout-à-fait. Comme tronc le plus sacré de l'arbre divin sur la terre, il veillera sur ses sept rameaux; sur beaucoup de globes, il est ce tronc; sa paternité est grande et vaste. Lorsqu'en leur temps toutes ces branches reverdiront, alors, d'après les paroles de la révélation, un nuage de sept esprits, sous la conduite de leur père, de ce tronc de l'arbre divin, s'abîmera dans le sein du père commun, et cet arbre partiel s'unira à l'arbre commun de l'amour, d'après les paroles de la révélation.

Beaucoup de fils de ténèbres, c'est-à-dire d'esprits bas, dans le temple desquelles le rayon de la lumière divine n'a pas jusqu'à présent pénétré, recevaient des colonnes; car ils ont fait beaucoup, car ils ont fait énormément, ils ont imprimé les directions aux peuples, ils ont changé la face de la terre, ce qu'ils n'ont pas fait de leur propre force; mais, comme cela a lieu toujours, de celle des esprits, de leur grande colonne ténébreuse;—et jusqu'à présent c'était ordinairement la seule espèce de grandeur connue sur la terre.—Jésus-Christ manifesta au monde sa grandeur selon Dieu, c'est-à-dire en faisant descendre la colonne lumineuse. Mais jamais encore jusqu'ici la colonne lumineuse ne posséda le sceptre de la terre; la lumière de Jésus Christ combattant encore contre des ténèbres prédominantes, n'est point arrivée jusqu'ici à ce point de force et de puissance.—On l'outrageait, on l'étouffait, on la falsifiait, pour se l'accommoder; hélas! elle servait d'instrument à l'orgueil, et ainsi la lumière pure de Jésus-Christ n'existait çà et là que mendiante, humiliée et contrite; le pouvoir, les directions générales étaient en possession d'esprits ténébreux.—Ceux-ci, par leurs colonnes sombres, gouvernaient la terre,—et l'esprit des esprits de la terre parcourait librement son vaste héritage.—Hélas! il n'est venu à l'esprit de personne que Dieu, après deux mille années lunaires, célestes, fit une si vive réclamation contre le gaspillage du don de sa grâce et de sa miséricorde, envoyée à la terre par Jésus-Christ, qu'après cette réclamation une nouvelle grâce et miséricorde seront répandues, et par suite une plus lumineuse atmosphère terrestre résultant de ces colonnes lumineuses versées nécessairement à la suite de cette grâce par la même loi spécifique, le sceptre et les directions de la terre seront en la possession de la colonne lumineuse.

L'homme vu par le prophète, homme remarquable par le travail au dessus de tous les travaux de l'esprit, par l'amour des peuples, au nombre bienheureux de quarante-quatre, reçut déjà l'Ordre Suprême et de faire cette réclamation et d'effectuer cette grâce nouvelle, et par cette grâce et par sa force, d'arracher le sceptre à l'esprit de ténèbres de la terre.—C'est à la moitié du XIXe siècle que tu as réservé, ô Seigneur, cet honneur, cette joie, ce phénomène inconnu au globe. Le pouvoir en la possession de la colonne lumineuse et de la domination de la lumière, de la vérité et de l'amour. Mais la terre déprimée, lourde de péchés, suivant l'expression de la révélation, ne saura pas longtemps retenir cet hôte céleste, cette lumière envoyée du sein miséricordieux.—Les temps heureux passeront, le feu de la première sensation se ternira dans les cœurs des hommes,—et les colonnes ténébreuses se jetteront sur les âmes assombries comme sur leur proie, et en prendront possession;—car, même dans ce jubilé bimillénaire de la grâce et de la miséricorde divine, le feu sacré brûlera seulement sur certains points préparés de la terre, et en brûlant il fera descendre, par des colonnes saintes, le ciel sur la terre.—Mais à l'exemple de notre lumière terrestre qui brûle les uns, tandis qu'elle laisse d'autres pays dans le crépuscule, d'autres encore dans les plus épaisses ténèbres et le froid, la lumière céleste subira aussi cette destinée, et au milieu du jubilé de la grâce, le feu brûlant les nations élues et préparées, ne jettera sur les autres pas même le plus faible rayon. Cependant, comme le Seigneur l'a assuré, le sceptre sera pour un certain temps arraché à l'enfer, et alors les pays les plus ténébreux seront quelque temps entravés et dans l'inaction, alors que la puissance de leur ténébreux monarque sera retenue par la droite du Tout-Puissant.—Après cette triste et douloureuse, ô réjouissante pensée! l'esprit ténébreux de la terre, ébranlé, ne rentrera plus jamais en son ancienne puissance,—car les élus du Seigneur, ces luminaires futurs de la terre, connaissant déjà le moyen d'évoquer les colonnes lumineuses, cet unique bouclier contre les entreprises des ténèbres, feront toujours désormais chanceler la puissance du mal;—et le pouvoir sur la terre sera à l'avenir partagé, sera balancé entre l'esprit de lumière et l'esprit des ténèbres.—Et vous, âmes pures, aimantes, dévorées d'un désir ardent au milieu des ténèbres, vous aurez déjà, même sur terre, un point lumineux vers lequel votre âme se dirigeant sera fortifiée. Et même aujourd'hui, la France présente, si non un point lumineux, au moins un point gris au milieu des ténèbres du globe,—et cela est déjà le développement élémentaire, progressif de ta miséricordieuse pensée, ô Dieu!

Ici, mes frères, dirigeons notre attention, calmons le trouble qui agite notre âme en ce moment.—Pourquoi Dieu, père universel, ce plein et parfait amour n'existant que pour les créatures, ses enfants, qui se dévoue, qui n'a rien autre chose à cœur que d'attirer à lui ses créatures; pourquoi, à côté de ce pouvoir, de cette puissance, étant lui-même un amas de lumière, n'en laisse-t-il descendre qu'une parcelle sur la terre, et cela encore si rarement, et pourquoi l'expose-t-il à un si triste sort,—permet son outrage et le triomphe des ténèbres?—Il a plu au Seigneur, à l'occasion du prochain jubilé, de découvrir une partie des secrets de ses gouvernements, afin de nous faciliter par là un pur amour de lui, afin qu'un mystère n'entravât, ni n'embarrassât pas le cœur qui s'élève.

La terre, comme inférieure aux autres globes, c'est-à-dire destinée à façonner les esprits inférieurs, subit ce triste sort.—Dans chaque fabrique il y a des salles, des divisions, affectées aux opérations plus basses.—Le maître de l'œuvre en regardant ce premier dégrossissage de la matière brute, se réjouit dans l'âme par la vue du dernier produit,—car il n'y a que lui seul qui voie combien cette série d'opérations est nécessaire, et se trouve sur la voie du terme de ses produits,—et au milieu des ordures de l'opération plus basse son élan d'amour est le même que pour le produit achevé de sa mécanique,—c'est là le caractère du maître.—Celui-là qui par amour pour le dernier produit n'aime pas les saletés de l'opération plus basse, celui-là n'est pas maître.—Qui n'aime pas le soldat, ne vit pas avec le soldat, ne s'unit pas avec lui dans la même cause pour laquelle il combat, celui-là n'est pas chef. Dieu se gouverne d'après certaines lois de justice, et ne les enfreint pas.—La constitution donnée au globe est intacte pendant des siècles.—Pendant des siècles, rien des plus petites choses n'a dévié de l'épaisseur d'un petit cheveu des ornières tracées, et à plus forte raison le façonnement et le progrès des créatures, à plus forte raison la formation, l'extension et l'embrasement de la lumière et du feu divin sur le globe, sont soumises au plus stricte règlement, car toute transgression pourrait être injurieuse à la sainteté divine.—Rien de souillé n'entrera au royaume céleste.

Dans cette très sainte constitution il est écrit:—L'amour, le plus saint des sentiments, doit être reçu volontairement par la créature,—de cette pleine spontanéité dépend la sainteté de l'amour partant de Dieu qui n'est que l'amour même.—L'amour exigé, imposé, ordonné, même par la toute-puissance de Dieu, cesserait d'être amour, perdrait sa sainteté, son éclat céleste.—Quand nous aurons senti cet être, nous sentirons pourquoi le Seigneur, le tout-puissant qui, d'un seul signe de sa volonté, ébranle les globes, peut les élever et les détruire, pourquoi fait-il tant d'effort pour gagner un seul soupir d'un seul ver de terre?

Permettez, ô Seigneur, que je me serve d'une comparaison triviale pour faciliter à mes frères la conception de ta loi fondamentale.—Le fier potentat de l'Orient, dont un signe de volonté décide de la vie ou de la mort de millions d'esclaves, ne se contente pas d'hommages forcés, mais il dépose toute sa puissance et tout son orgueil, il sacrifie tout, pour conquérir un seul mouvement libre du cœur, de l'amour de la part d'un seul être faible.—Cette comparaison, cette explication des choses plus élevées par des choses plus basses, mais soumises aux mêmes lois du Seigneur, nous montre combien l'amour dépend de la spontanéité, comment il doit être une fleur odorante soigneusement élevée par notre cœur lui-même, aussi n'est-ce que pour cela que Dieu, ce maître suprême de l'amour, se dévoue au mépris pour obtenir de ses créatures, même après des siècles, un mouvement du cœur en sa faveur, tant faible soit-il.—Et dans le deuxième article de cette loi la plus sacrée, il est écrit:—Que les créatures ne peuvent s'ennoblir et approcher du Créateur par rien autre chose que par ce seul mouvement.—Il résulte de la nature de la chose qu'il n'y a point d'autre chemin par lequel Dieu puisse conduire les héritiers de la gloire future à l'héritage qui leur est destiné.

Oui, Seigneur! vous êtes pressé par la réalité de cette loi la plus sacrée, et, quoique votre amour donne des millions de moyens pour nous faciliter le chemin du salut, il ne peut cependant nous sauver sans nous, sans cette spontanéité, sans ce mouvement propre, sans cette fleur de notre propre champ.

Dans l'immensité d'œuvres divines, la force est uniquement dans l'esprit, et l'esprit, dans son enveloppe, dans sa vie terrestre, perd sa force; et les hommes faisaient beaucoup et peuvent faire beaucoup en s'unissant, en faisant descendre des colonnes d'esprits forts, des colonnes plus lumineuses ou plus sombres en rapport avec l'état de leurs âmes, comme nous l'avons vu: c'est ainsi que Moïse, en priant, c'est-à-dire évoquant une colonne très puissante, puisqu'elle était sainte, quoique faible extérieurement, puisque sans secours il ne pouvait pas élever les bras, il ne laissait pas de diriger le sort de la bataille.

Pour un seul juste, pour ses mérites, Dieu épargne un pays, une ville; car ce juste, par son intérieur pur, amène une colonne sainte qui défend ce pays, cette ville des entreprises du mal; tandis que précisément sans ce seul homme, conséquemment à la loi de l'inviolable constitution, la colonne supérieure ne pourrait venir en aide. Lors donc que tout dépend du mouvement de notre âme pour Dieu, considérons que sont toutes espèces de formes, que sont les confessions, que sont les communions sans ce mouvement. Ah! que dis-je? que sont ces formes qui nous étourdissent sur la voix de ce père aimant qui nous sollicite à ce mouvement attendu par lui, ces formes qui étouffent les inquiétudes de la conscience? c'est lorsque le mal tourne à son profit les moyens donnés par Dieu, lorsque, dans les temples du Seigneur, des fumées noires s'élèvent pour Satan, que le triomphe du mal est accompli. Mais, ô vaines entreprises! elles ne sont rien ces vertus froides, mortes; ces prières, ces formes, ces fondations sans nombre, etc., il n'y a que d'écouter Dieu appelant par la voix de son vicaire: Mon fils, donne-moi ton cœur; qu'une seule émotion, qu'une illumination de l'âme qui peut nous amener une colonne d'esprits saints, d'où la grâce, la bénédiction et le Ciel.