Jusqu'à présent, les hommes voulaient acquérir le Ciel, évoquer une colonne sainte au prix de ce que Dieu leur avait donné, en se ménageant eux-mêmes, en se satisfaisant, et par là obscurcissant leur âme, et s'unissant toujours, dans les affaires de la vie, avec la colonne ténébreuse et les colonnes lumineuses, descendant dans les cœurs d'un petit nombre de purs, n'étaient pas employées au service; il n'y avait que des cellules de cloîtres ou des misérables cabanes qui aient été l'habitation de la grâce.

Sur un échelon plus élevé de la société, la colonne sainte n'a point encore brillé. Aussi le monde exalte aujourd'hui celui qui, d'un échelon plus élevé, ayant reçu un appel de Dieu, une sainte tension pour les œuvres, pour le ministère, les tourne en formalités, s'en sert pour se chatouiller par la prière, qu'il prend pour but et non pour moyen de servir le Seigneur. Aujourd'hui, Dieu a donné des ordres pour que les colonnes lumineuses se présentent sur terre au service actif, pour défendre contre le mal la plus sainte œuvre du Seigneur.

Ayant reçu ces ordres très saints d'un recoin de la Lithuanie, je me suis hâté pour te les déclarer à toi, frère, et t'appeler à l'œuvre au nom des ordres suprêmes. Ne scrutons pas les destins pour quoi Dieu nous commet, à nous indignes, une œuvre si grande, l'œuvre de son amour; ne le sondons pas, mais appliquons tous nos forces à l'accomplissement de la volonté suprême. À une autre époque, nous eussions été obligés de nous cacher dans les murs d'un cloître avec l'étincelle qui nous anime.

Aujourd'hui que la grâce du Très-Haut nous appelle à l'action qui nous attend au milieu de l'orage du monde, nous devons nous enfermer dans le cloître de notre intérieur, pour que le mal qui nous guette ne puisse faire irruption derrière nos grilles, et nous amener une colonne ténébreuse qui pût faire chanceler l'œuvre. Jésus-Christ est notre défense comme père et source de toute lumière que Dieu fait descendre sur la terre, et dans cette œuvre, il est, après Dieu, le premier agent. Viennent après, ces grands chérubins, ces saintes armées d'esprits. Et nous, nous constituons, de par la volonté suprême, le dernier échelon de cette colonne; nous en sommes surtout l'orifice, par lequel la force divine, invisible, doit se manifester visiblement à la terre. Et toi, esprit de Napoléon, par un privilège spécial, tu es l'avant-dernier dans cette sainte colonne. Il t'est permis de vivre, d'agir sur la terre, sans cesser d'être un pur esprit; il t'est permis de t'unir et de porter secours à tes instruments terrestres, pour que ta nation te reconnaisse, et, habituée à ta direction, avide d'elle, accomplisse l'œuvre prescrite par le Seigneur, selon qu'il a plu au Seigneur de manifester en cela sa très sainte volonté et ses dispositions. Lorsque nous sommes élevés à la gloire et à la grâce, de manière que c'est par nous que doit se répandre la miséricorde divine, ah! souvenons-nous à chaque instant qu'un dépouillement complet, un détachement de tout ce qui est humain, de toute souillure, peut-être le caractère de cet orifice, le plus petit trouble peut arrêter la colonne; car Dieu ne changera pas sa loi spécifique. Beaucoup d'hommes (viri) qui gémissent aujourd'hui, ont arrêté la source de la grâce divine par leur impureté. Maintenant, d'après la volonté suprême révélée, la grâce arrêtée par l'un sera incontinent avancée par l'autre; car l'œuvre de la miséricorde divine doit être accomplie, parce que cette œuvre, préparée depuis des siècles, et, suivant saint Jean, tracée d'un Barde et confiée à ses serviteurs pour être exécutée; les serviteurs supérieurs ont manifesté cette volonté suprême aux inférieurs.—Je suis le premier qui ai reçu cet ordre sur la terre et en même temps la volonté suprême de te manifester à toi, frère, les secrets du Seigneur, et de te recevoir compagnon au service, de donner au frère le fils du frère (paroles de l'ordre de saint Jean), ce qui s'est accompli dans la période de dix-sept jours, du 24 décembre au 10 janvier, et le 11, Dieu révéla que sa volonté a été remplie. Aujourd'hui donc, après les actions de grâce adressées au Seigneur, pour nous avoir regardé d'en haut, nous, indignes, il nous est permis de nous réjouir en esprit et de nous féliciter réciproquement de cette grâce et miséricorde divine répandue sur nous. Et à nous, hommes, coopérant à l'œuvre de l'esprit, il nous est permis de vider la coupe avec un ardent soupir, pour la prospérité de l'œuvre et de notre patrie. Première coupe de ce genre sur la terre; car il n'y eût point encore de tel service sur la terre et par conséquent de telle coupe, en nous souvenant qu'il est permis à l'homme de renouveler la sainte cène du Seigneur en élevant l'esprit.

PREMIER TOAST.

Dieu! daigne recevoir à ta gloire cette exposition de l'œuvre de l'Esprit dans les formes terrestres:

Pour ta prospérité, pour que ton nom, ô Seigneur, soit sanctifié, pour la prospérité de la plus sainte cause des peuples; pour la prospérité de notre patrie!

DEUXIÈME TOAST.

La miséricorde du Seigneur, le pardon et le repos, et prompte union avec nous! Ô esprit, cher pour nous, d'un héros, frère, collègue et coopérateur dans l'œuvre sainte. Ô toi, maître illuminé, connaissant de plus près les décrets du Seigneur en faveur de la terre! toi qui, après vingt années de souffrances, par permission supérieure, partages en ce moment notre banquet en esprit, reçois en ce moment notre solennelle assurance [et calme les soucis qui te consument, ô ombre chère!] que nous ferons tous nos efforts pour devenir dociles à tes inspirations, à la direction que, d'après la volonté de Dieu, où tu es plus rapproché, tu nous imprimeras pour la joie, le repos et le salut de ton esprit.

TROISIÈME TOAST.