«—Oh, monsieur! s’écria Pierre, je viens d’apprendre quelque chose qui m’a étonné autant qu’il est possible, et qui ne vous étonnera pas moins, lorsque vous le saurez. Comme j’étais dans la boutique du maréchal, et qu’il remettait un clou au fer de mon cheval....; c’est que chemin faisant, le cheval avait perdu ce clou d’une étrange manière. Je vais vous dire, monsieur, comment la chose est arrivée....»
«—Eh! laissez cela pour un autre temps, et continuez votre histoire.»
«—Eh bien! monsieur, comme j’étais dans la boutique du maréchal, un homme, une pipe à la bouche et une grosse prise de tabac à la main....»
«—Bon!... Quel rapport cette pipe a-t-elle avec votre histoire?»
«—Eh! mais, monsieur, vous me troublez; je ne saurais continuer, à moins que vous ne me laissiez dire à ma guise. Comme je vous disais donc..., une pipe à la bouche..., c’est là que j’en étais, n’est-ce pas, monsieur?»
«—Oui, oui.»
«—Il s’assied sur le banc, et ôtant la pipe de sa bouche, il dit au maréchal: Voisin, ne connaîtriez-vous pas ici quelqu’un qui s’appelle La Motte?..... Ah, monsieur! tout mon corps s’est aussitôt couvert d’une sueur froide...... Monsieur se trouverait-il incommodé? irai-je lui chercher quelque chose?»
«—Non..... Mais soyez bref dans votre récit.»
«—La Motte! La Motte! dit le maréchal: je crois avoir entendu parler de ce nom-là.»
«—Est-il bien vrai, lui dis-je? En ce cas, vous êtes bien fin, car il n’y a pas ici personne de ce nom-là, que je sache.»