—Quoi, à cette heure; mademoiselle! dit Annette; non, ma chère demoiselle; mais en tout cas, c'est prendre un singulier moment pour arriver dans une maison.
—Je t'en supplie, ma chère Annette, ne perdons pas le temps à causer, dit Emilie d'un ton effrayé; va, je t'en supplie, va voir qui ce peut être.
Annette sortit de la chambre et emporta la lumière. Elle laissa Emilie dans une obscurité qui l'aurait effrayée quelques minutes auparavant; mais en ce moment, elle n'y prenait pas garde; Annette parut, et Emilie alla au-devant d'elle.
—Oui, mademoiselle, dit-elle, vous aviez raison: c'est le comte.
—C'est lui! s'écria Emilie levant les yeux au ciel et s'appuyant sur le bras d'Annette.
—Bon Dieu! ma chère dame, remettez-vous, ne pâlissez donc pas ainsi: nous en apprendrons davantage.
—Oui, nous en saurons davantage, dit Emilie en s'acheminant le plus vite possible vers son appartement. Je ne suis pas bien: donnez-moi un peu d'air.—Annette ouvrit la fenêtre et lui apporta de l'eau.
—Ma chère demoiselle! il ne vous troublera pas à cette heure, il croira que vous dormez.
—Restez avec moi jusqu'à ce que je dorme, dit Emilie un peu soulagée par cette idée qui lui parut très-vraisemblable.
Emilie demanda quel était l'homme qui accompagnait le comte, et comment Montoni les avait reçus; mais Annette ne put le lui dire.