UN SOIR A LONDRES
es parfums vont en promenade
Sur l’air brumeux,
Une âme ennuyée et malade
Flotte comme eux.
Les rhodendrons des pelouses,
D’un lourd éclat,
Semblent des collines d’arbouses
Et d’ananas.
Un temple grec dans le feuillage
Semble un secret,
Où Vénus voile son visage
Dans ses doigts frais.
O petit fronton d’Ionie,
Que tu me plais,
Dans la langoureuse agonie
D’un soir anglais!
Je t’enlace, je veux suspendre
A ta beauté,
Mon cœur, ce rosier le plus tendre
De tout l’été.
Mais sur tant de langueur divine
Quel souffle prompt?
Je respire l’odeur saline,
Et le goudron!