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XV Moumouth, c'était son nom, pourtant vivait heureux, Quand un message douloureux Soudain apprit à sa maîtresse Que sa noble soeur, la comtesse, Vers l'autre monde s'en allait Et près de son lit l'appelait: Triste sort! D'un ami fidèle Il va falloir se séparer, Et la dame pour mieux pleurer Tire son mouchoir de dentelle. |
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XVI Il faut partir promptement; «A votre sûr dévouement, Mère Michel, je confie L'être qui charme ma vie; Vous recevrez cent louis d'or Pour soigner mon cher trésor.» Lustucru de jalousie Se sent l'âme en frénésie. |
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XVII Du chat il jure la mort Pour se venger de son sort. |
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XVIII De Madame la voiture Est prête. Oh! cruels moments! Comment peindre la torture Des derniers embrassements? |
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XIX Moumouth, près de la marquise, Se cramponnait. Le signal Du départ fait lâcher prise Aux griffes de l'animal. |
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XX Mais pour lui cette émotion Se trouvait être trop forte; Faible de constitution, Il s'évanouit: on l'emporte, Et puis, pour le fortifier, On emplit une cuillère D'un remède salutaire: L'eau des Carmes de Boyer. |
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XXI Pour charmer sa solitude Mère Michel travaillait; Près d'elle, exempt d'inquiétude, Son chat Moumouth sommeillait. Lustucru qui, dans sa tête, S'est promis de tuer la bête, D'un favorable moment Veut profiter. Doucement Il s'approche: «Par la goutte Notre concierge est repris, Dit-il; vous avez sans doute Entendu d'ici ses cris?» |
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XXII C'était bien vrai: par la patte Le portier est enchaîné, Et, devenu cul-de-jatte, Il jure comme un damné. |
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XXIII Auprès du pauvre invalide Descend la mère Michel Alors, le maître d'hôtel, Qu'une aveugle fureur guide, Saisit le chat au collet: «A nous deux, mon camarade! Ensemble allons, s'il vous plaît, Faire un tour de promenade.» |
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XXIV Puis dans un panier il plonge Moumouth, qui, tout effaré, Croit être le jouet d'un songe De son esprit égaré. |