Cinq obus sont tombés sur la ville le 10 décembre, vers 3 heures 40:

1° Sur les immeubles n° 50 et 54, rue Basse, où ils ont occasionné des dégâts matériels assez importants, sans accident de personne;

2° Rue d'Angleterre, chez M. Courtot, loueur de voiture, où les écuries, construites en bois, et un lanterneau, ont été détruits. Le même obus a causé quelques dégâts au tissage Belle-Sueur, 11. rue Doudin. Pas d'accident de personne.

3° Rue Sainte-Catherine, 36, chez M. Tys, coiffeur, le projectile a traversé les 4e, 3e et 2e étages du quartier de derrière de l'immeuble, y causant des dégâts matériels importants. A cette adresse, un nommé Couvez, qui a eu la jambe cassée récemment, se l'est de nouveau brisée, en voulant se sauver.

4° Façade de l'Esplanade, sur le terre-plein. Là, l'obus n'a creusé qu'une excavation.

5° Dans la cour de la Maison Descamps-Beaucourt, rue Jean-Jacques-Rousseau, pas d'accident de personne.


Monnaies de Guerre

La pénurie croissante de billon dans plusieurs des Etats belligérants, a donné naissance à des monnaies divisionnaires de circonstance. C'est ainsi, qu'à Lille, on a mis en circulation des Jetons de 5 et 10 centimes, en parchemin d'un seul jet (non décollable). La Belgique a frappé de son côté des pièces en zinc de 5, 10 et 25 centimes, analogues à ses pièces de nickel, mais non perforées comme celles-ci. En Allemagne, on frappe des pièces de 1, 2 et 5 pfennig. Ces pièces sont en acier. On pourrait se demander pourquoi on a choisi l'acier, qui se rouille si facilement, au lieu de la fonte, moins sujette à la rouille, et dont l'emploi eut été plus avantageux. Il y avait à cela, dit la Gazette de Voss, plusieurs raisons, dont la principale est que la science a mis à notre disposition plusieurs procédés permettant de faire perdre à l'acier la propriété de se rouiller.

Les deux principaux de ces procédés sont: la Shérardisation et la mise en état, dit de passivité, du métal. Les premières monnaies mises en cours, ont été shérardisées. Quand on aura pu constater les effets de ce procédé, on pourra se rendre compte de la mesure dans laquelle on pourra recourir, plus tard, à la passivité. La shérardisation tire son nom de son inventeur, l'ingénieur des mines anglais bien connu, Sherard Cowper-Coles. Elle consiste à recouvrir la surface du métal d'une couche de zinc, mais en opérant d'une façon particulière. On commence par décaper soigneusement les objets à traiter, on les entasse ensuite dans un grand récipient en fer, dans lequel se trouve de la poudre de zinc. On fait chauffer le tout pendant quelques heures à 250-350°, et on laisse ensuite refroidir lentement. Après complet refroidissement, on ouvre le récipient et on en retire le contenu. Les objets, ainsi traités, sont recouverts d'une couche mince et extrêmement uniforme de zinc, dont l'épaisseur varie avec la température employée et la durée du chauffage. On peut obtenir des enrobements en zinc ayant l'épaisseur d'un souffle, aussi bien que des couches assez épaisses. Ce qu'il y a de remarquable dans ce procédé, c'est que la température doit rester au dessous du point de fusion du zinc. Celui-ci ne fond donc pas, mais adhère à la surface du fer pour des raisons encore incomplètement connues. Dès que le zinc se combine avec l'oxygène de l'air, de façon à former de l'oxyde de zinc, la solidité de l'enduit diminue. On empêchera donc l'accès de l'air, soit en faisant le vide dans le récipient, soit en ajoutant à la poudre de zinc une faible quantité (environ 5%) de charbon réduit en poudre fine. Les objets sont alors de couleur un peu plus foncée.