Comité Américain
La répartition du lait conservé

C'est une des questions qui, depuis le début, nous ont le plus préoccupés. Nous avons fait tous nos efforts pour avoir plus de lait. Nous avons trouvé le meilleur accueil auprès de la C. R. B., qui, chaque fois qu'elle l'a pu, nous a accordé plus que notre part. Malgré cette bonne volonté, notre approvisionnement reste très insuffisant. Aussi, avons nous dû prendre des dispositions, sur lesquelles nous désirons renseigner exactement le public. La dernière en date, est la circulaire du 14 avril 1916, adressée aux Maires de nos 108 communes, dont voici le texte:

Monsieur le Maire, Nous serions très heureux qu'en ce qui concerne la répartition du lait conservé, fourni par le Comité Américain, les Comités locaux se pénétrassent des idées suivantes.

Le Comité Américain ne s'est jamais engagé à pourvoir à la totalité des besoins de la population. Il ne peut d'ailleurs pas garantir un approvisionnement constant, ni régulier. La première règle à suivre est donc de réserver le lait du Comité pour les cas indispensables et pour les cas urgents. C'est pourquoi la Commission for Relief in Belgium prescrit: 1° de n'accorder de lait qu'aux familles disposant de faibles ressources; 2° sous cette réserve, de le destiner d'abord aux enfants, en deuxième ligne, aux malades, enfin aux vieillards.

A. Enfants. Trois catégories sont à considérer. Les enfants sevrés, à partir de 14 mois jusqu'à 30 mois environ, pourront recevoir 2 boîtes par semaine. Les enfants plus jeunes doivent être normalement allaités par leur mère. Mais, lorsque le médecin ou la consultation de nourrissons déclare que la mère ne peut pas nourrir du tout, l'enfant a besoin d'une alimentation artificielle complète, qu'on peut évaluer à une boîte de lait conservé par jour.

Il arrive que la mère est encore capable d'allaiter sans pouvoir donner à l'enfant selon ses besoins. Le médecin ou la consultation de nourrissons aura à indiquer, dans les cas d'allaitement mixte, la quantité complémentaire de lait conservé qui sera indispensable.

B. Malades. Etant donné la modicité de l'approvisionnement, le lait du Comité ne doit jamais aller à ceux des malades pour lesquels il ne constitue qu'un aliment. Une fois les enfants servis, il faut le réserver aux malades pour lesquels il est un élément indispensable de cure, par exemple aux personnes atteintes d'ulcères ou cancers de l'estomac ou de l'intestin, d'affections graves des reins ou du foie, aux tuberculeux fiévreux.

C. Vieillards. Si l'approvisionnement le permet, le surplus pourra être réparti aux vieillards, dont la santé serait fragile.

La quantité de lait conservé, mise actuellement à notre disposition pour le District, n'est même pas suffisante pour que le programme exposé ci-dessus puisse être complètement rempli. Or, les envois n'ont pas augmenté, et les besoins se sont accrus. Plus que jamais, les Comités locaux, tenus d'observer les prescriptions de la C. R. B., doivent opposer les refus nécessaires, aux demandes qui leur paraîtraient injustifiées, ou à un mode de répartition qui tendrait à épuiser rapidement leur stock. Jusqu'à présent, nous avons réparti le lait conservé entre toutes les communes, proportionnellement à leur population.